7월 4일
Sous le noyer
« Mon ami le noyer »
À même la terre à même la vie le grand arbre
avec une tranquillité placide de vieux sage
prend ce qui lui est donné chaque jour
Il accueille la grêle sa mitraille glacée
ou bien l’averse douce avec ses doigts légers
ou des pluies d’équinoxes qui défilent sans trêve
Il reçoit le soleil en sourdine d’avril
le feu de joie central qui incendie l’été
et ses rayons en gloire entre les nuages longs
L’arbre écoute les paroles sans relâche du vent
les mots murmurés haletants coléreux
et le très faible souffle respiration du temps
Mon ami le noyer un vivant qui sait vivre
Le Haut Bout,
Lundi 8 juillet, mardi 10 juillet 1990
Claude Roy, Les pas du silence
Gallimard, nrf, 1993, p. 33.