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June 18 Un chant d'oiseau dans le cielEncore et toujours pour toi, mon souffle et ma framboise, pour aujourd'hui, cet autre jour tant espéré. Pour cette jubilation venue d'en haut remplir nos coeurs dans le chant, la reconnaissance et le rire.
« Richard Rolle parlait d’un “chant spirituel” (canor) et d’une jubilation, c’est-à-dire d’un chant de joie : car la joie fait chanter, au lieu que la bonne conscience bien contente fait plutôt somnoler. (…) L’amour est le superlatif absolu à partir duquel tous les problèmes se posent. Qui rencontre l’amour en deuxième lieu, venant de la périphérie, n’aime pas. (…) L’amour n’est pas une chimie, ni un composé de sentiments ou de mobiles : mélangez l’attrait sensuel, l’estime admirative, l’intérêt utilitaire, et je ne sais quel ingrédient encore, brassez et tournez, vous n’obtiendrez pas l’amour, mais un simple simili, un simili qui, comme tous les simili et tous les quasi, engendre inévitablement les malentendus. Il en est de ce simili-amour comme des actes “conformes au” devoir, mais non pas accomplis par respect pour le devoir, pour les beaux yeux du devoir ; tels encore les gestes d’apparence désintéressée, mais non point inspirés par le seul désintéressement. Aimer est un mouvement simple et direct, et qui va franchement à la rencontre de l’autre : l’autre est par lui accueilli dans ma vie non en tant qu’autre, mais en tant que toi (car il est ensemble autre que moi et le même que moi) et sans interposition de moyens termes. Heureux ceux qui dans l’amour ont retrouvé la simplicité de l’opération vitale et de la docte innocence ! (…) Or cette simplicité ne se donnera qu’à ceux qui ont commencé par elle et qui disent non, par intention prévenante, à leurs arrière-pensées et leurs arrière-volontés. Ils courent les rues les charlatans et les porteurs de thyrse (…) les amants qui font semblant ne connaîtront ni la verve poétique ni le chant de la joie. Car c’est l’amour vrai, et lui seul, qui fait chanter les oiseaux et rend bavards les rossignols, et met en verve les bacchants. L’amour est un chant d’oiseau dans le ciel »
Jankélévitch, Les vertus et l'Amour, t. 2, p. 353--354
Champs Flammarion,1986 (n°164) .
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