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6월 17일 La merveilleuse simplification
« Se donner un peu coûte beaucoup ; se donner beaucoup coûte peu ; se donner tout entier ne coûte plus rien. (…). C’est pourquoi (dans un ordre d’idée tout voisin) l’attente est plus pénible que la renonciation définitive ; plus difficultueuse, plus laborieuse, plus douloureuse ; et la renonciation elle-même nous paraît cruelle et inconcevable parce que nous la transposons encore dans le langage continuationniste de l’attente. [Or] tant qu’il subsiste une seule chance de continuation, (…) nous n’avons pas dit adieu à l’égo (…). La volonté qui dit “à jamais” et “toujours” et qui renonce à toutes les satisfactions de l’amour propre, cette volonté consent d’un seul coup à vivre uniquement pour autrui (…). L’amour, cure miraculeuse, réussit en un instant ce que des mois de traitement n’auraient pas obtenu… Mais, bien entendu, il fallait y penser ! De là vient cette merveilleuse simplification de tous les commandements que l’amour seul s’entend à opérer ; ce qui fait dire à saint Paul : l’amour est la plénitude de la Loi, (…) le plérôme de la justice [cf. Rm 13, 8-10 ; Gal 5, 14]. »
Jankélévitch, Les vertus et l'Amour, t. 2, p. 350-351
Champs Flammarion,1986 (n°164) .
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