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    June 20

    C'est déjà ça

    June 09

    Ne me quitte pas

           Un billet personnalisé pour Christiane, la première a avoir trouvé le blog « sympa ».

           Pour elle donc qui me dit qu'en semaine son chien (resté à la campagne) lui manque, ces quelques strips de circonstance.

           Car il faut s'appeler Schulz pour parvenir à décrire les différents sentiments qui animent le coeur du chien resté à la maison ou chez les voisins.

           Bien entendu, lorsque le chien s'appelle Snoopy, il y a de quoi être inspiré, même au début de la dernière décennie des Peanuts (1992) :-)

           Un long billet, histoire de vous laisser de quoi vous sevrer. On ne se reverra que la semaine prochaine. Je redescends chez mes parents sur Toulouse. Un peu de repos, la joie de retrouver Ali, Frédéric et Michaël, et l'occasion de fêter l'anniversaire des deux derniers.

    May 31

    Attendre (1)

     
    Quand un étudiant pénétrait dans une bibliothèque comme celle de Sainte-Geneviève à Paris ou celle du Bouchage à Nice, il lui fallait chercher et trouver une place. Il commandait un livre qui arrivait par un système compliqué de poulies. Je me précipitais souvent en vain. L’ouvrage ne figurait pas dans la cargaison. Une pareille attente n’avait rien de pénible car elle participait à un rituel studieux et nous n’étions pas seuls au milieu des camarades qui avaient la chance d’être assis, qui chuchotaient pour ne pas être rappelés à l’ordre, au milieu de ceux qui allaient et venaient dans l’espoir d’obtenir eux aussi une place. Les rayons regorgeaient d’innombrables ouvrages et le parquet, l’atmosphère respiraient le livre.
    La diffusion d’Internet évitent à certains de nos étudiants de tels désagréments. Ils sont très vite mis en relation avec les documents recherchés. Ils y gagnent, semble-t-il du temps. Est-ce tellement vrai ? Ont-ils seulement pénétré dans la cité de la culture ? Ne se sont-ils pas plutôt fourvoyés dans l’atelier d’une messagerie électronique, demeurant seuls devant leur console au milieu d’autres usagers tout aussi seuls qu’eux ? Dans ces salles blanches, à peine meublées d’appareils technologiques, aux cloisons nues, le monde s’est évanoui avec ses odeurs, sa confuse insistance et sans cette présence qui nous apporte un savoir abstrait, sinon des instruments pour résoudre des problèmes parfois complexes !

    Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur
    Rivages poche / Petite Bibliothèque, 2000 (n°313).

     
     

     
     
    Cette joie de Sally est toujours la mienne. Le plaisir que j'ai à passer une après-midi entière à Beaubourg lorsque je monte à Paris. Nécessité de l'attente. Moins humaine et chaleureuse que celle de Sansot, non dans la bibliothèque mais au dehors, dans la file d'attente qui forme un long serpent sous les tubes et tuyaux bleusverts ou rouges du centre Pompidou. 
    Plaisir redoublé lorsque Françoise m'accompagne ou me rejoint. Joie de travailler et de lire ensemble, de partager nos découvertes, nos surprises et nos réflexions. Je vais chercher des livres, je reviens. Ecoute ça. Je vais faire des photocopies. Je viens t'aider. C'est une bonne idée. On va manger un petit bout? Oh, il faut que je absolument recopie ça. Tu veux un peu d'eau? Prends mon stylo. Arggg, mais comment peut-il être déjà 21h45 ? On reviendra dis, on reviendra, s'il-te-plaît ? mais oui, on reviendra mon  coeur.
    May 28

    Je réveillerai l'aurore...

     
    Dimanche matin, à la fenêtre, une dizaine d'oiseaux en V traversent le ciel bleu. Il fait beau. Enfin.
    Levé aux aurores, bien avant l'heure habituelle, j'en profite pour méditer et préparer le culte auquel je vais me rendre d'ici une heure. 
    Au cours de ces derniers jours, parmi les pensées qui mûrissent, il y a le commandement d'amour du prochain de Lévitique 19...
     

     
    ... et donc cette question-piège (ou hypocrite, choisissez) «qui est mon prochain ?», à laquelle Jésus refuse de répondre dans la parabole du Bon Samaritain (Luc 10), renvoyant le questionneur à sa propre (et unique) responsabilité : «Va, et toi aussi, fais de même».
    Ne rien attendre du prochain mais être soi-même ce prochain — et ne surtout pas s'illusionner à propos d'un être mensonger qui n'impliquerait aucun faire.
     

     
    Quel rapport, me direz-vous, avec un blog sur «Elle et lui» qui se préparent à vous recevoir tout en se préparant à vivre ensemble ?
    C'est que derrière le «Toi et moi» de l'auteur de ce blog et de son lecteur ou le «Toi et moi» du citron et de la framboise, plus généralement, se manifeste le «Je et Tu» au coeur de le vie de l'homme et de son prochain comme de l'homme et de son «aide en vis-à-vis» (Gn 3, 18) :
    Lorsque, placé en face d'un homme qui est mon Tu, je lui dis le mot fondamental Je-Tu, il n'est plus une chose entre les choses, il ne se compose pas de choses.
    Il n'est pas Il ou Elle, limité par d'autres Ils ou Elles, un point détaché de l'espace et du temps fixé dans le réseau de l'univers. (...) Mais sans voisins, et hors de toute connexion, il est le Tu et il remplit l'horizon. Non qu'il n'existe rien en dehors de lui ; mais toutes les choses vivent dans sa lumière. (...)
     
    C'est par grâce que le Tu vient à moi ; ce n'est pas en le cherchant qu'on le trouve. Mais lui adresser le mot fondamental, c'est l'acte de mon être, c'est mon acte essentiel.
    Le Tu vient à ma rencontre. Mais c'est moi qui entre en relation immédiate avec lui. Ainsi il y a dans cette rencontre celui qui élit et lui qui est élu, c'est une rencontre à la fois active et passive. [Aussi] le mot fondamental Je-Tu ne peut être dit que par la totalité de l'être.
     
    Ce n'est pas moi qui peux opérer cette concentration, cette fusion de tout mon être, mais elle ne peut se faire sans moi. Je m'accomplis au contact du Tu, je deviens Je en disant Tu.
     
    Toute vie véritable est rencontre.

    Martin Buber, Je et Tu (1923)
    Aubier (Bibliothèque philosophique), 1969.

     
    Dès lors, il n'y a que des tordus qui penseraient se servir de cette aide qui nous est donnée pour vivre ; alors qu'il nous revient de la servir afin de réellement vivre :
     

     
    Et Dieu sait qu'ils sont nombreux...
    Il doit même savoir que nous en faisons partie ;-)
     
    Il me faut y aller maintenant, chanter, le coeur tourné vers Dieu, avec la joie d'un arbre rempli d'oiseaux, et la reconnaissance de ces mêmes oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent mais volent en V dans le ciel bleu.
    Car j'étais perdu et Il m'a trouvé.
    J'étais seul et Il m'a donné une aide en vis-à-vis à aimer et servir :-)
     
    May 25

    Pauvre citron !

     
    Hier soir, je suis allé voir la très belle représentation de l'atelier théâtre du collège Bertan de Born. Il y a deux ou trois semaines, c'etait celle du lycée (tout aussi forte). Les deux ateliers sont dirigés par deux collègues et amis, Jean-Christophe et Odile.
     
    Jean-Christophe, c'est l'ami cher qui incarne pour moi, avec Nathalie, sa chère et tendre, la ville de Périgueux.
    Ils ont su m'accueillir et m'entourer lorsque je suis arrivé sur la ville. La surprise lorsque je retrouvai ce professeur de français qui m'avait dit bonjour le mardi en chanteur dans la chorale de mon église le dimanche suivant ;-)
     
    Depuis 4 ans, je ne manque aucune des représentations de l'atelier théâtre en fin d'année scolaire. Hier, les collégiens s'en sont donné à coeur joie puisque la pièce avait les injures comme sujets. mais je ne comprends toujours pas pourquoi "pauvre citron" entrait dans la famille des "bovidé", "bavasse", et autre "emmerdeur" ;-)
     
     
    Nous avons terminé la soirée en allant fêter le travail de JC au Clos St Front, un très joli restaurant dans le vieux Périgueux. Virginie, la soeur de JC spécialiste en discrètes pitreries, faisait rire aux éclats Christiane et Nathalie; et moi, j'étais heureux de partager ces quelques trop rares moments d'amitié avec eux. Retour dans le frais de la nuit avec JC, fatigué, à mes côtés. Lui et Odile méritent de se reposer pour tout le  beau travail fourni.
     
    En relisant quelques strips des Peanuts ce matin, je tombe sur un qui aurait très bien pu illustrer l'affiche de la représentation :