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    June 24

    Fleurs

           La toile est un vaste bazar. Dans ce bazar, comme souvent, des trésors qui attendent. J'aime cette toile sur laquelle on peut lire, voir et écouter l'innaccessible.
           Et parfois, ces trésors, ce sont des coeurs qui battent, des personnes à l'autre bout de la fibre optique et du clavier.On ne les aurait jamais rencontrées à cause de tout ce qui sépare, à commencer par le temps, la distance, les générations ou le milieu social. Il en va ainsi de Cédric évoqué dans le billet précédent, mais aussi de pas mal d'autres qui, lisant ces lignes, sauront se reconnaître.
     

     
           Un de ces coeurs a l'âme artiste et poête. Il y a quelques minutes (miracle de la lumière docilement guidée), j'ai reçu les reproductions de ses dernières oeuvres.  
           Je ne résiste pas au plaisir de les partager avec vous. En particulier ces lis qui, sans être d'eau, auraient fort plu à Baie d'Or ;-) 
           ... et puis, ils s'accordent parfaitement au fond d'écran de ce blog ;-))
     

     

    May 04

    Au fil de l'eau

           Lorsque Frodo découvre Baie d'Or sous le toit de Bombadil (Qui ne connaît aujourd'hui l'affection que je porte à l'oeuvre de Tolkien ?), il prononce des paroles que je reprends souvent, dans le secret de mon coeur ou sur mes lèvres murmurantes, en pensant à ma-baie-d'or-et-ma-framboise-à-la-fois :
    « Belle dame Baie d’Or ! (…) À présent, la joie cachée dans les chants (…) m’est rendue claire. (…)
    O toi, roseau pris du vivant étang ! Belle fille de la rivière !
    O toi, printemps et été, et de nouveau printemps après !
    O toi, vent sur la cascade et rire des feuilles ! »

    Le Seigneur des anneaux, I.7 « Chez Tom Bombadil »,

    Bourgois, éd. du Centenaire, p. 146.

     
           J'aime renverser les images renversées de Frodo, et voir en elle «le rire de la cascade» et «le vent dans les feuilles».

           Je pousse la déformation et ose la rêver comme «le vent dans mes feuilles». Car cette image où le ciel répond à l'arbre qui l'appelle évoque en moi à la fois le calme et la joie.
           Un bonheur profondément enraciné en moi, associé à la voix bruissante des peupliers de la ferme familiale ce lieu que j'appelle encore «chez mamie» bien que ce soit Marc, mon oncle, qui en soit le propriétaire , cette ferme entre Gimont et Lahas (Gers) où j'ai passé quasiment toutes mes vacances d'enfant et d'adoslescent.
          Alors, les rayons du soleil d'été entraient, à travers les volets mi-clos,  dans la chambre de Mané où je passais des heures à lire, enfoncé dans le fauteuil, ou à dessiner, sur la petite table de bois. Dehors, au bas de la colline, dans la chaleur de l'après-midi comme dans la fraîcheur du soir, les peupliers chantaient.
      
            Les peupliers de mon souvenir sont toujours là; fidèles gardiens, ils entourent encore le petit étang où j'allais attraper des grenouilles. Je les retrouve un peu dans les trois peupliers de Monet (1887).

           Le même Monet des Nymphéas.

           Nénuphars et jardin de Giverny chers à Monet qui continuent d'inspirer les coeurs comme celui de Diane Burko, venue sur les lieux du maître et repartie avec des toiles transformées en trésors (ainsi Nympheas 1).
    Il est un autre maître qui aime les nénuphars :
    Tom (...) poursuivit d'une voix douce et chantante:
    « J'avais à faire par là : cueillir des lis d'eau, des feuilles et de blancs lis pour le plaisir de ma jolie dame, les derniers avant la fin de l'année, pour les préserver de l'hiver, pour qu'ils fleurissent près de ses jolis pieds avant que les neiges ne soient fondues.
    Chaque anné, à la fin de l'été, je vais les chercher pour elle, dans un grand étang profond et clair, loin en aval du Tournesaules; là, ils s'ouvrent les premiers au printemps et là, ils durent le plus longtemps. Près de cet étang, jadis, j'ai trouvé la fille de la Rivière, la belle jeune Baie d'Or, assise dans les joncs.
    Doux était son chant, et son coeur battait! »

    Le Seigneur des anneaux, I.7, p. 148.

     

    Dans la série "Rendons à César.." : les nymphéas blancs sont tirés d'un blog de photographie numérique. Mon père, d'origine berbère et marocaine, serait fier de savoir que la photo des nymphéas roses a été prise à Rabat :-) tandis que celle des nymphéas bleu vient du Tchad