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May 31 Attendre (1)
Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur
Rivages poche / Petite Bibliothèque, 2000 (n°313).
Cette joie de Sally est toujours la mienne. Le plaisir que j'ai à passer une après-midi entière à Beaubourg lorsque je monte à Paris. Nécessité de l'attente. Moins humaine et chaleureuse que celle de Sansot, non dans la bibliothèque mais au dehors, dans la file d'attente qui forme un long serpent sous les tubes et tuyaux bleus, verts ou rouges du centre Pompidou.
Plaisir redoublé lorsque Françoise m'accompagne ou me rejoint. Joie de travailler et de lire ensemble, de partager nos découvertes, nos surprises et nos réflexions. Je vais chercher des livres, je reviens. Ecoute ça. Je vais faire des photocopies. Je viens t'aider. C'est une bonne idée. On va manger un petit bout? Oh, il faut que je absolument recopie ça. Tu veux un peu d'eau? Prends mon stylo. Arggg, mais comment peut-il être déjà 21h45 ? On reviendra dis, on reviendra, s'il-te-plaît ? mais oui, on reviendra mon coeur. May 29 DonnerPoursuivant (et poursuivi par) la même pensée qu'hier, une citation de Plutarque que je découvre ce matin :
Plutarque, Dialogue sur l'Amour [769 D-E]
GF Flammarion, 2005. Ce sera bien assez pour aujourd'hui si l'on garde et pratique ce plus grand bonheur qui consiste à donner plutôt qu'à recevoir (Ac 20, 35). May 28 Je réveillerai l'aurore...Dimanche matin, à la fenêtre, une dizaine d'oiseaux en V traversent le ciel bleu. Il fait beau. Enfin.
Levé aux aurores, bien avant l'heure habituelle, j'en profite pour méditer et préparer le culte auquel je vais me rendre d'ici une heure.
Au cours de ces derniers jours, parmi les pensées qui mûrissent, il y a le commandement d'amour du prochain de Lévitique 19...
... et donc cette question-piège (ou hypocrite, choisissez) «qui est mon prochain ?», à laquelle Jésus refuse de répondre dans la parabole du Bon Samaritain (Luc 10), renvoyant le questionneur à sa propre (et unique) responsabilité : «Va, et toi aussi, fais de même».
Ne rien attendre du prochain mais être soi-même ce prochain — et ne surtout pas s'illusionner à propos d'un être mensonger qui n'impliquerait aucun faire.
Quel rapport, me direz-vous, avec un blog sur «Elle et lui» qui se préparent à vous recevoir tout en se préparant à vivre ensemble ?
C'est que derrière le «Toi et moi» de l'auteur de ce blog et de son lecteur ou le «Toi et moi» du citron et de la framboise, plus généralement, se manifeste le «Je et Tu» au coeur de le vie de l'homme et de son prochain comme de l'homme et de son «aide en vis-à-vis» (Gn 3, 18) :
Martin Buber, Je et Tu (1923)
Aubier (Bibliothèque philosophique), 1969. Dès lors, il n'y a que des tordus qui penseraient se servir de cette aide qui nous est donnée pour vivre ; alors qu'il nous revient de la servir afin de réellement vivre :
Et Dieu sait qu'ils sont nombreux...
Il doit même savoir que nous en faisons partie ;-)
Il me faut y aller maintenant, chanter, le coeur tourné vers Dieu, avec la joie d'un arbre rempli d'oiseaux, et la reconnaissance de ces mêmes oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent mais volent en V dans le ciel bleu.
Car j'étais perdu et Il m'a trouvé.
J'étais seul et Il m'a donné une aide en vis-à-vis à aimer et servir :-)
May 26 L'été en gloire
«Ce que je veux pouvoir dire» lorsque l'hiver sera là, mais également «ce que je dirai» — car cela a déjà commencé — est déjà visible.
Le Haut-Bout
Vendredi 15 avril 1983 Claude Roy, « Lettre à Loleh sur les cloches et sur le rire », «Nous deux ensemble»...
Trois années après le recueil sublime d'A la lisière du temps, Claude Roy ouvre celui de Voyage d'automne par un poème qui approfondit ce «Nous deux» qui n'est ni l'aigle solitaire à deux têtes ni le dragon méprisant à deux têtes.
qui n'a qu'un seul regard
Quelquefois un Nous deux
Paris
30 décembre 1965
Venise
24 novembre 1985
Claude Roy, « Nous deux quelquefois un », Vérité du poète : deux lieux bien distincts (Paris et Venise) pour écrire un poème, pour décrire le couple. May 25 Pauvre citron !Hier soir, je suis allé voir la très belle représentation de l'atelier théâtre du collège Bertan de Born. Il y a deux ou trois semaines, c'etait celle du lycée (tout aussi forte). Les deux ateliers sont dirigés par deux collègues et amis, Jean-Christophe et Odile.
Jean-Christophe, c'est l'ami cher qui incarne pour moi, avec Nathalie, sa chère et tendre, la ville de Périgueux.
Ils ont su m'accueillir et m'entourer lorsque je suis arrivé sur la ville. La surprise lorsque je retrouvai ce professeur de français qui m'avait dit bonjour le mardi en chanteur dans la chorale de mon église le dimanche suivant ;-)
Depuis 4 ans, je ne manque aucune des représentations de l'atelier théâtre en fin d'année scolaire. Hier, les collégiens s'en sont donné à coeur joie puisque la pièce avait les injures comme sujets. mais je ne comprends toujours pas pourquoi "pauvre citron" entrait dans la famille des "bovidé", "bavasse", et autre "emmerdeur" ;-)
![]() Nous avons terminé la soirée en allant fêter le travail de JC au Clos St Front, un très joli restaurant dans le vieux Périgueux. Virginie, la soeur de JC spécialiste en discrètes pitreries, faisait rire aux éclats Christiane et Nathalie; et moi, j'étais heureux de partager ces quelques trop rares moments d'amitié avec eux. Retour dans le frais de la nuit avec JC, fatigué, à mes côtés. Lui et Odile méritent de se reposer pour tout le beau travail fourni.
En relisant quelques strips des Peanuts ce matin, je tombe sur un qui aurait très bien pu illustrer l'affiche de la représentation :
May 11 « Tu es un gros cachotier, toi ! »« Tu es un gros cachotier, toi ! »
Voilà ce que me disait Sylvie lorsque je lui téléphonais hier pour lui donner des nouvelles et l'inviter au mariage.
Tout ce que je trouvai à répondre c'est un classique « Qui a dit "gros"?... Un peu "enveloppé" là et là, mais "gros"... » :-)
Que dire d'autre. Que je vais faire attention à moi et un peu plus de vélo d'appartement? Mais j'ai déjà commencé! Le costume de mariage retenu, il faut que je maintienne ma ligne ;-)
Sylvie, n'est pas la seule à n'avoir eu que peu d'information ces dernières années. A l'instar de ce cher Obélix, l'amour doit avoir le don de me rendre muet et rêveur!
La vérité, c'est que nous avons peu souvent l'occasion de nous parler ou de nous voir. Elle dans la lointaine banlieue toulousaine et moi à Périgueux. L'autre vérité, c'est le sourrire qui est toujours là, sur nos lèvres, à chaque fois que nous nous téléphonons.
Dans le bois de Bouconne, avec Philippe, elle goûte enfin une vie douce et reposante. Elle s'étonnerait presque de ce bonheur quotidien. Elle s'en excuse d'ailleurs plusieurs fois en me répètant qu'«il n'y a rien de neuf ces derniers temps» de son côté.
Ce que je lui réponds la fait rire. Elle me demande de le mettre en ligne. Je m'exécute avec cette «Spéciale dédicace à Sylvie de la Forêt» :
« C'est l'héroïsme du quotidien que de faire du neuf avec du vieux. » A défaut d'avoir rien inventé, je le pense vraiment. Faire d'une journée non pas une autre journée mais une journée pour aimer et servir. Non pas recommencer mais continuer. Reconnaître la valeur du jour donné et vivre. Reconnaissant et responsable. Res-sposare... Amoureux des choses offertes comme des choses confiées. Désireux de les épouser, les petites comme les grandes.
Le Seigneur des anneaux, I.8, p. 167. Ta-daaaamm...
... la voici, Françoise, ma-Baie-d'Or-et-ma-framboise-à-la-fois,
«l'arc-en-ciel de mon coeur» :-)
(L'été dernier, août 2005, sur une colline de Greenwich)
![]() Oui, parce qu'il faut que je vous dise : Françoise est plus londonienne que la plupart des londoniennes... c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elle aime Paris : pour la Gare du Nord et son Eurostar. Je me dis que j'ai bien de la chance de n'avoir pas erré "en vrac" comme Xavier pour trouver ma Wendy :-) May 04 Au fil de l'eau Lorsque Frodo découvre Baie d'Or sous le toit de Bombadil (Qui ne connaît aujourd'hui l'affection que je porte à l'oeuvre de Tolkien ?), il prononce des paroles que je reprends souvent, dans le secret de mon coeur ou sur mes lèvres murmurantes, en pensant à ma-baie-d'or-et-ma-framboise-à-la-fois :
Le Seigneur des anneaux, I.7 « Chez Tom Bombadil », Bourgois, éd. du Centenaire, p. 146. J'aime renverser les images renversées de Frodo, et voir en elle «le rire de la cascade» et «le vent dans les feuilles».
Je pousse la déformation et ose la rêver comme «le vent dans mes feuilles». Car cette image où le ciel répond à l'arbre qui l'appelle évoque en moi à la fois le calme et la joie.
Un bonheur profondément enraciné en moi, associé à la voix bruissante des peupliers de la ferme familiale — ce lieu que j'appelle encore «chez mamie» bien que ce soit Marc, mon oncle, qui en soit le propriétaire —, cette ferme entre Gimont et Lahas (Gers) où j'ai passé quasiment toutes mes vacances d'enfant et d'adoslescent.
Alors, les rayons du soleil d'été entraient, à travers les volets mi-clos, dans la chambre de Mané où je passais des heures à lire, enfoncé dans le fauteuil, ou à dessiner, sur la petite table de bois. Dehors, au bas de la colline, dans la chaleur de l'après-midi comme dans la fraîcheur du soir, les peupliers chantaient.
Les peupliers de mon souvenir sont toujours là; fidèles gardiens, ils entourent encore le petit étang où j'allais attraper des grenouilles. Je les retrouve un peu dans les trois peupliers de Monet (1887).
Le même Monet des Nymphéas.
Nénuphars et jardin de Giverny chers à Monet qui continuent d'inspirer les coeurs comme celui de Diane Burko, venue sur les lieux du maître et repartie avec des toiles transformées en trésors (ainsi Nympheas 1).
Il est un autre maître qui aime les nénuphars :
Le Seigneur des anneaux, I.7, p. 148.
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